• : Plutôt que d'utiliser le PCV pour donner des infos à tout le monde, ce petit espace permettra à ceux que cela intéresse de voir que je suis toujours bien(bon) vivant ;)

à Arica, il est:

Jeudi 27 novembre 2008

...Ou un petit cours de botanique végétale pour expliquer l'impact
des exigences des consommateurs sur l'agriculture.

 
Au cours d'une sortie de terrain de cette semaine, nous avons pu visiter les champs d'un des producteurs de tomate.
(Rappel: la quasi totalité des tomates produites dans la vallée d'Azapa sont envoyées à Santiago -> 1500 Ha x 100T = 150 000 T/an)
Pendant la visite, le prof nous a expliqué une méthode pour améliorer les rendements.

 

*****début du cours*****

La to-mate...to-mate...point...à la ligne
 
La tomate, disais-je, est un végétal qui s'auto-féconde (comme le pois), c'est-à-dire que tout se passe à l'intérieur d'une même fleur. Il n'y a pas de croisement entre les plantes voisines.
Plus trivialement, alors que la fleur est toujours fermée, le pollen (mâle) vient littéralement tomber sur l'ovaire (femelle). A la suite de cette fécondation, une hormone est produite et va pérenniser l'ovaire fécondée, qui va alors pouvoir s'enfler, se développer, jusqu'à donner le fruit que nous consommons. 

MAIS, car il y en a un, le pied de tomate est "intelligent" . Il "sait" qu'il sera trop difficile de mener à maturité de nombreux fruits, qui plus est situés proches les uns des autres. C'est ainsi que les fruits non fécondés ou trop faibles se vont pas persiter (chute de la fleur en cours de développement), en effet ils ne permettront pas d'assurer la reproduction de l'espèce.

null  

MAIS, car il y en a un autre, les agriculteurs, pour produire plus ou produire des tomates "en grappes" pulvérisent l'hormone sous forme synthétique. Ainsi, plus de fruits persistent, artificiellement.
Et ô magie, comme ces fruits n'étaient pas fécondés, les tomates produites ne contiennent pas ou peu de grains ...pour le plus grand plaisir des petits, des grands et des industriels (avez-vous déjà vu de la purée de tomates avec des graines? Et je ne parle même pas du ketchup...)

*****fin du cours*****

 

Voilà comment on se retrouve avec des sols salinisés par excès d'irrigation (indispensable pour répondre aux besoins des tomates "top"-productrices), d'eaux "enrichies" par les infiltrations d'azote en granulés, et des produits sans goût si ce n'est celui de l'eau (on a pas trouvé mieux pour augmenter le volume --et le poids-- d'un produit)...
Non sans dèc', ça fait tout drôle de remanger des oranges avec des pépins :P
 
Ah, j'oubliais, les hormones synthétiques pulvérisées sont bien sûr respirées (en partie) par les campesinos. On commence à entendre parler des effets secondaires de leur inhalation chez les agriculteurs, un prochaine amiante?

Voilà pourquoi je ne peux pas croire que l'agriculteur ne va pas poursuivre sur sa pente actuelle (productivisme, utilisation massive de ressources externes, dépendances aux subventions) et qu'elle devra se réinventer, sans tomber dans le bio pour autant ; )
 

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Lundi 24 novembre 2008


Emma et Zuzana, au resto sur la place d'Arequipa

 


Lever du jour dans une ruelle de Cabanaconde

 


L'équipe quelques minutes avant d'attaquer la descente

 


La descente

 


Le chemin et tout au fond l'Oasis

 


Les filles les pieds dans l'eau avec un alpaca au premier plan

 


Les rayons de soleil commencent à pénétrer dans le Cañon pendant l'ascension

 

Panoramique de Cabanaconde  après l'ascension (cliquable)


Les cultures dans le Cañon de Colca


Labour avec des boeufs


Coucher de soleil sur l'Ampati


Désert entre Arequipa et Tacna 


Gamine à Moquegua


Palta, palta, ... hay palta


Armée de terre péruvienne aux entrées de Tacna, perturbée par une grêve des fonctionnaires 

 


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Lundi 24 novembre 2008


Tout simplement génial... Et il va être bien difficile de résumer et décrire 4 jours aussi riches avec seulement des mots et quelques photos : )


Jeudi 20 Novembre - 8h00

Lever pour une rude journée, la nuit a été courte entre un rapport à rendre (commencé un peu en retard je dois l'avouer) et la préparation du sac: ne rien oublier sans se surcharger.

Départ pour le Pérou à 9h00 et arrivée à Tacna à 11h30, en compagnie de Zuzana (Slovaque) et Emma (Britannique) toutes les 2 étudiant dans la même université que moi. Arrivé au terminal, comme d'habitude tous les chauffeurs de taxis et de bus nous sautent dessus et on fini par prendre un billet pour Arequipa qui part 10 minutes plus tard. Nous voici donc partis pour 6h de bus (366 Km). Arrivés en fin d'après midi, nous avons le temps visiter le musée de "Juanita".

Il s'agit d'une enfant inca qui avait été sacrifiée sur le volcan Ampati il y a plusieurs milliers d'années et dont le corps a été conservé grâce aux températures glaciales sur les pentes de ce volcan (aujourd'hui éteint). On a eu la chance de pouvoir voir son corps toujours conservé à basses températures et qui n'est exposé que 4 mois dans l'année pour le protéger.


Photos interdites, donc image tirée d'internet...


La ville d'Arequipa (2325 m), seconde ville du pays en taille, a une place d'armes très sympathique ainsi que des ruelles tout aussi apréciables. Nous nous sommes donc installés sur une terasse au premier étage d'un des bâtiments ceinturant la place pour un bon repas bien mérité. Au menu: steack d'Alpaca, un vrai délice... Cela ressemble un peu à du veau.

Au cours du repas, nous avons débuté l'un des jeux qui nous (m'a) a bien occupé pendant ces 4 jours: essayer de deviner la nationalité des touristes nous entourant. Il faut tout de même préciser qu'il y en a à la pelle... Et c'est avec une chouette surprise qu'à notre table voisine se trouve... une française (Marine) ainsi qu'une Norvégienne (Maria) et leurs compagnons, tous étudiants à Lima. Nous décidons donc de voyager ensemble puisque nous avons le même but: le Cañon de Colca.

Après avoir partagé tous ensemble un dernier verre dans l'un des bars de la ville nous prenons la direction du Terminal des bus.


Vendredi 21, 1h30 du mat'

Même pas peur, cette nuit on ne dort pas, ou un petit peu pour ceux qui peuvent dans le bus. Au coeur de la nuit le bus s'élance pour parcourir les 5h qui nous séparent du fond du Cañon (village de Cabanaconde), en franchissant des cols à plus de 4500m. Malheureusement comme c'est de nuit nous ne voyons pratiquement rien du paysage... Un petit peu peur de souffrir du mal des montagnes, qui ne sera sûrement pas atténué par nos quelques consommations précédentes, mais au final tout s'est bien passé.

Nous arrivons donc à 6h30 à Cabanacondé (3250 m), petit village habitué a accueillir les touristes qui, comme nous, vont descendre dans le Cañon. Après avoir tenté d'apercevoir des condors, nous nous élançons à 8h sur le sentier de l'oasis.

Petit résumé: 2000 m de dénivelé, descendu en 2h30, arrivée en bas: rincé !

Sur le chemin nous avons croisé des grands-pères descendant en sandales et portant sur leur dos des tuyaux de PVC de 4m de long, très impressionnant... (surtout qu'on s'est aperçu plus tard qu'ils ne s'arrêtaient pas au fond, mais qu'ils attaquaient ensuite l'ascension de l'autre versant...)


 


A l'arrivée en bas, un vrai bonheur... une piscine nous attend... Et c'est avec un très grand plaisir que nous passons la journée en maillot de bain, bullant en attendant l'arrivée de nos compagnons, partis quelques heures plus tard. Au cours de l'après-midi, nous avons même eu la chance de voir les condors suivre les courants chauds le long des pentes du cañon.

Le dîner est passé à la bougie, autout d'une soupe et d'une assiette de pâtes. A noter qu'au cours de la journée d'autres touristes sont arrivés dans ce petit coin de paradis (7 autres français, 1 néo-zélandaise, 3 polonaises, 2 brésiliens, 2 écossaises...) avec lesquels nous avons partagé le repas.

La nuit s'est très bien déroulée, dans une petite cabane en osier, dans un lit... comment dire... simple : )


Samedi 22, 4h30 du mat'

La nuit a été courte, mais si l'on veut profiter de la fraîcheur pour remonter on a pas le choix. On avait dégotté 2 petits pains chacun plus trop frais la veille au soir et on avait acheté de l'eau... Heureusement une petite boite de pâté Hénaff est venue grandement améliorer l'ordinaire.

Début de l'ascension, avec les douleurs de la descente de la veille dans les jambes et l'appréhension de savoir que ça ne sera pas simple. Au final, elle s'est assez bien faite: 3h30 pour remonter les 2000 mètres de dénivelé. Il a quand même parfois fallu s'arrêter après seulement 10 pas pour reprendre sa respiration. (A noter  que l'un des français de la veille fait la montée en 1h40, c'est-à-dire qu'il monte plus vite que nous descendons...)

A notre arrivée en haut, nous reprenons quelques dizaines de minutes plus tard le bus pour Chivay, ville à l'entrée su Cañon. Nous avons alors la chance de voir défiler sous nos yeux des paysages magnifiques de terrases pour cultiver le maïs, ruisseaux d'irrigations, villages perdus dans les montagnes, vaches et moutons broutant la luzerne à l'attache. A noter qu'assez fréquemment des pierres "tapaient" sous le bus, que l'on a traversé des rivières à gué et que l'on s'est arrêté plus d'une trentaine de fois pour prendre des petites grand-mères sur le chemin, un gamin ou des marchandises sur leur dos.

A l'arrivée à Chivay, 2h30 plus tard, le mal des montagnes se fait un peu sentir, on vient en effet de prentre 500 mètres de plus (3633 m). Petit mal de tête, faim coupée et surtout corps complètement claqué (aussi à cause de l'ascension du matin).

Après un bon petit repas pas cher, on se dirige vers des bains d'eau chaude à 38°C, parfaits pour détendre les muscles encore endoloris.

Enfin, à 16h on reprend le bus direction Arequipa ou nous passerons la nuit. Sur le chemin je me retrouve avec un petit gamin sur les genoux et son frêre, tous les deux la figure poussiéreuse. Chouette moment à s'échanger des devinettes en español et a apprendre quelques mots en quechua : )

On a aussi eu la chance d'assister au coucher du soleil sur les alpacas, lamas et vigognes de la pampa des montagnes. Exactement la même chose que l'arrière plan du blog...

Après un bon petit repas en centre ville, on s'est couchés sans demander notre reste.


Dimanche 23, 8h00

Lever, les jambes encore lourdes, mais contents de notre périple... Petit tour dans les boutiques en ville et départ à midi pour le retour sur Tacna (6h de trajet), puis Arica (1h30) où nous sommes arrivés à 22h, fatigués mais très heureux de notre petite virée...


Nous aurons donc fait près de 24h de bus, parcouru plus de 1200 Km, entre 1250 m et 4800 m d'altitude...

En espérant vous avoir fait partager une fois de plus un petit morceau d'Amérique latine : )

 


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